Cadre de vie
J’habitais dans un petit village avec mes parents et je passais presque dix années là-bas avec mon frère et ma sœur. J’étais l’aînée et j’étais très occupée puisque, depuis l’âge de huit ans, j’allais quotidiennement à mon cours de danse classique chez *, ancienne danseuse de l’Opéra de Paris qui avait, à la suite d’un accident, ouvert un studio de danse à *, juste devant la plage. Ainsi, tous les jours, ma mère ou bien mon père m’emmenait et venait me chercher deux heures plus tard et, ceci, pendant presque six ans.
Je rentrais à la maison, caressais mon poisson rouge Toto, cadeau de mes grands-parents et faisais consciencieusement mes devoirs. J’aimais lire aussi et lorsque j’eus ma chambre à moi, à la naissance de ma sœur, je lisais en cachette tous les soirs, surtout les récits policiers de la collection verte puis ceux d’Agatha Christie.
Mes frères et sœurs
Je jouais beaucoup avec mon frère qui avait trois ans de moins que moi, principalement le week-end lorsque je n’étais pas à la danse. Il me montrait toutes ses découvertes de la semaine ; il y avait une ferme juste à côté de chez nous avec une mare qui accueillait têtards et grenouilles et il construisait toutes sortes de pièges et de cabanes où cacher ses trouvailles animales : nous avons eu une colonie de salamandres en visite un jour. Il aimait nous faire peur à moi et ma sœur : un jour, il alla même jusqu’à nous faire manger des vers de terre, de force. Nous avions un chat noir, *, qui se laissait habiller comme une poupée, très câlin ; nous le caressions et il ronronnait en fermant les yeux. Un jour, il partit, peu de temps après la naissance de ma sœur, alors que j’avais sept ans et nous ne l’avons jamais revu.
Références
La maison était une maison neuve, toute simple, que mes parents avaient fait construire et, pourtant, de mes yeux d’enfant, tout était étrangeté à l’intérieur. Ma mère, orpheline à l’âge de sept ans, avait été élevée par sa grand-mère qui avait fait fortune en Algérie avec ses deux maris successifs, il y avait ainsi des cuivres, de grands vases chinois, des broderies, des boutons-statuettes d’ivoire qui habillaient les bahuts et secrétaires.
L’endroit le plus surprenant pour nous enfants, c’était le garage. En béton brut, il abritait deux énormes métiers à tisser et des étagères jonchées d’écheveaux de laine de couleurs et de textures variées, de faîtages de cheminée aussi qui se transformaient au gré de l’imagination de ma mère en pieds de lampe colorés. C’était notre cache. Ma mère était tisserande et avait une petite boutique dans un village voisin. Mon père enseignait la géographie à l’université et aidait ma mère à ses heures perdues ; il élaborait de grandes tentures murales qui envahissaient momentanément une partie des murs du salon, à droite de la cheminée.
Son bureau à lui était de l’autre côté de la salle à manger ; l’imposante table de bureau et les étagères étaient en bois, blancs, tapissés de livres aux formats et tranches irréguliers. Là aussi, il y avait des trésors à découvrir. Je me souviens d’un gros livre qui contenait des photos en noir et blanc de peuples dits primitifs : au fil des pages, je découvrais les pygmées, les femmes girafes, et je voyais d’autres paysages, la forêt amazonienne, les huttes, des danses. Ce livre je l’ai toujours.
Attitude
La rencontre était là à chaque petit point d’articulation de ma petite vie d’alors, tranquille et bien rangée, balancée entre l’ouverture et le mystère que représentait ma mère et l’autorité (au sens polysémique du mot) conférée à mon père.
Très consciencieuse, j’aimais l’autre et l’ailleurs. Je me souviens : très tôt, je vendais dans la boutique de ma mère des boucles d’oreille que je confectionnais. Ma grand-mère m’achetait les perles que je lui commandais quand elle passait venir nous voir avec mon grand-père ; mon temps libre m’était compté et je n’allais que peu à la ville alors. Avec l’argent que je gagnais, je m’achetais à l’âge de onze ans un magnétophone et, dans le même temps, une cassette du groupe de hard rock français Trust. Et je m’entraînais à faire des tours sur le rythme rapide et scandé de leur chanson « Antisocial » ; c’était mon plaisir alors que je travaillais d’arrache-pied à la répétition de variations pour lesquelles nous étions notées en fin d’année scolaire ou bien à la préparation du spectacle de danse.
L'apprentissage n'est pas une idée abstraite mais s'ancre bien dans des pratiques qui mettent en œuvre des rencontres. Ce phénomène façonne les apprentissages d'un enfant mais également ceux faits tout au long de la vie, qu'elle soit personnelle, familiale, sociétale ou professionnelle. Voici donc quelques regards d'apprentissage. Pour une mise en perspective des sciences de l'éducation qui dépassent de fait le cadre de l'école ou encore celui de la formation professionnelle.
vendredi 3 février 2012
Citations à méditer.
Chaque jour, ils [les récits] traversent et ils organisent les lieux ; ils les sélectionnent et les relie ensemble ; ils en font des phrases et des itinéraires ; ils en font des phrases et des itinéraires. ce sont des parcours d'espace."
Michel de Certeau, L'invention du quotidien, I. arts de faire, Gallimard, 1990
En poésie, on n'habite que le lieu que l'on quitte,on ne crée que l’œuvre dont on se détache, on n'obtient la durée qu'en détruisant le temps."
René Char, En trente-trois morceaux, Gallimard
Dans l’écriture multiple […] tout est à démêler mais rien n’est à déchiffrer ; la structure peut être suivie, « filée » (comme on dit d’une maille de bas qui part) en toutes ses reprises et à tous ses étages, mais il n’y a pas de fond ; l’espace de l’écriture est à parcourir, il n’est pas à percer ; l’écriture pose toujours du sens mais c’est toujours pour l’évaporer : elle procède à l’exemption systématique du sens […] car refuser d’arrêter le sens, c’est finalement refuser Dieu et ses hypostases, la raison, la science, la loi. »
Roland Barthes, Le bruissement de la langue, Essais critiques IV, Ed Seuil, 1984
II et fin.
Par l'écoute et le mouvement, et surtout après la mort de ma grand-mère qui survint, je me trouvai ainsi en présence de la rencontre : mais, comment définir la rencontre?
La rencontre fait certainement intervenir des sentiments profonds comme la peur ou bien l'élan ; la rencontre cela peut être apprendre, me connaître et reconnaître l'altérité, ce qui est autre, l'inconnu, le mystère qui suscite la curiosité et renvoie à mon propre mystère : je nais, je me construis, je m'assois, je marche, je parle une langue, je continue d'évoluer mais je ne maitrise pas le pourquoi. Au mot altérité, c'est l'image de l'algue qui me vient, celle de l'algue qui se colle à ma peau lorsque je ma baigne en bord de mer ; je la rejette, surprise, mais j'ai appris le contact, la sensation (le toucher), le dégoût si cela ne me plait pas et, plus tard, tout est possible. Dans mon cas, lors des trois années que je passai au Japon, j'ai même appris qu'il n'y avait pas une algue mais des algues, que le wakame est tendre et fin et s'allie très bien à la soupe miso, que le caoutchouteux kombu lui ne se laisse pas facilement croquermais qu'il me révèle le goût d'autres aliments lorsque je l'utilise en bouillon. Et je continue d'apprendre...
Aussi, la rencontre est possible seulement si ma propre organisation interne se laisse désorganiser. Je me remémore le conte inuit de la femme squelette rapporté par une des participantes au cours de * sur le métissage culturel créateur auquel je participais lors de mon stage pratique de fin de formation. Celle-ci, laissée pour morte au fond d'un lac par son père plusieurs années auparavant, rencontre un pêcheur qui tremble de peur devant sa macabre découverte ; elle le poursuit jusque chez lui. Cette femme squelette écoute les battements de cœur du pêcheur qui lui servent de base de rythme sur laquelle elle s'appuie pour chanter la vie ; alors, elle se reconstruit, altérée*.
La formation DUFA a été pour moi source de rencontres heureuses ou malheureuses, elle m'a déconstruite et reconstruite me prenant toujours par surprise. Les modules et les formateurs se sont suivi sans se ressembler, une certaine dynamique de groupe s'est installée et j'ai rencontré, dans ce cadre réflexif du DUFA de * mes nombreuses limites, l’extrême richesse de l'imaginaire aussi. J'ai découvert également la limite des mots qui certes décrivent mais ne créent pas toujours de liens.
Lorsque je me suis inscrite à cette formation DUFA, j'avais un grand besoin de réveiller l'autre qui était en moi et c'est par les rencontres que cela se produisit. A présent, à cette étape d'introduction, je ne sais toujours pas si je serai très bientôt formatrice pour adultes mais je suis heureuse de faire confiance aux rencontres, d'y prendre part, de m'animer grâce à elles, toujours dans un processus de formation."
* "La femme Squelette", conte inuit rapporté par Clarissa Pinkola Estès, Femmes qui courent avec les loups, Ed. Grasset, 1996.
La rencontre fait certainement intervenir des sentiments profonds comme la peur ou bien l'élan ; la rencontre cela peut être apprendre, me connaître et reconnaître l'altérité, ce qui est autre, l'inconnu, le mystère qui suscite la curiosité et renvoie à mon propre mystère : je nais, je me construis, je m'assois, je marche, je parle une langue, je continue d'évoluer mais je ne maitrise pas le pourquoi. Au mot altérité, c'est l'image de l'algue qui me vient, celle de l'algue qui se colle à ma peau lorsque je ma baigne en bord de mer ; je la rejette, surprise, mais j'ai appris le contact, la sensation (le toucher), le dégoût si cela ne me plait pas et, plus tard, tout est possible. Dans mon cas, lors des trois années que je passai au Japon, j'ai même appris qu'il n'y avait pas une algue mais des algues, que le wakame est tendre et fin et s'allie très bien à la soupe miso, que le caoutchouteux kombu lui ne se laisse pas facilement croquermais qu'il me révèle le goût d'autres aliments lorsque je l'utilise en bouillon. Et je continue d'apprendre...
Aussi, la rencontre est possible seulement si ma propre organisation interne se laisse désorganiser. Je me remémore le conte inuit de la femme squelette rapporté par une des participantes au cours de * sur le métissage culturel créateur auquel je participais lors de mon stage pratique de fin de formation. Celle-ci, laissée pour morte au fond d'un lac par son père plusieurs années auparavant, rencontre un pêcheur qui tremble de peur devant sa macabre découverte ; elle le poursuit jusque chez lui. Cette femme squelette écoute les battements de cœur du pêcheur qui lui servent de base de rythme sur laquelle elle s'appuie pour chanter la vie ; alors, elle se reconstruit, altérée*.
La formation DUFA a été pour moi source de rencontres heureuses ou malheureuses, elle m'a déconstruite et reconstruite me prenant toujours par surprise. Les modules et les formateurs se sont suivi sans se ressembler, une certaine dynamique de groupe s'est installée et j'ai rencontré, dans ce cadre réflexif du DUFA de * mes nombreuses limites, l’extrême richesse de l'imaginaire aussi. J'ai découvert également la limite des mots qui certes décrivent mais ne créent pas toujours de liens.
Lorsque je me suis inscrite à cette formation DUFA, j'avais un grand besoin de réveiller l'autre qui était en moi et c'est par les rencontres que cela se produisit. A présent, à cette étape d'introduction, je ne sais toujours pas si je serai très bientôt formatrice pour adultes mais je suis heureuse de faire confiance aux rencontres, d'y prendre part, de m'animer grâce à elles, toujours dans un processus de formation."
* "La femme Squelette", conte inuit rapporté par Clarissa Pinkola Estès, Femmes qui courent avec les loups, Ed. Grasset, 1996.
I.
"Le récit est organisé de manière à donner un sens à l'histoire et le sens varie en fonction du présent" dixit la formatrice du module "histoire de vie". Mon récit de formation quant à lui s'organise autour de la rencontre dans un processus d'apprentissage.
Les rencontres sont imprévisibles comme des chemins de campagne. Elles sont souvent plusieurs, multiples et multiformes tout comme les chemins ne sont jamais exempts de cailloux, multicolores couches géologiques et encore de signes du monde vivant sous terre. le rencontre surgit et et ne se laisse pas facilement cerner et analyser : elle aime sa liberté et n'est pas toujours tendre. Depuis de nombreuses années, elle est pour moi papier japonais, transparente et filigranée. Je ne sais où elle me porte mais c'est cette rencontre qui me forme et me construit. Dans la trame de ma réflexion au cours de la formation DUFA, j'ai eu quelques difficultés à mettre à jour l'importance qu'elle revêt pour moi. Je me demandai donc ce qui m'animait dans un processus d'apprentissage et quel sens je donnais au mot formation.
Tout au long des modules du DUFA, je me suis d'abord interrogée de façon rationnelle, en me concentrant sur les dires et les expériences des formateurs qui nous en présentaient les différents aspects et aussi sur les remarques et réflexions de mes pairs qui, comme moi, suivaient cette formation. Puis, à court de pistes, je me suis laissée aller à une approche plus intuitive au travers d'exercices de type rogérien lors d'entretiens en approche centrée sur la personne que j'effectuais avec un de mes pairs après les vacances de fin d'année.
J'avais bien, deux mois après le début de ma formation, quelques mots clés pour construire cet écrit : le corps, l'espace, être auteur, les différences, le groupe, l'expression des sensibilités, le changement,etc. Je me laissais happer par l'attrait de ces îlots approchés puis je compris que, tout au long de ce voyage dans le paysage de la formation, il y avait, sous-jacente, l'écoute fédératrice. Comme * l'a exprimé cette année lors du module du psychodrame, "il n'y a pas de formation sans liens". Pour ma part, le lien était l'écoute. celle-ci renvoie au monde sensible : soi, le monde, sa place dans ce monde et me renvoie aussi à moi en tant qu'être humain dans ce monde (cf. Boris Cyrulnik*). J'ai pour ma part, passé mon enfance à la campagne, attentive au monde vivant alentour et allais danser quelques dix heures par semaine dans un studio face à la mer, au son clair du piano et à l'écoute du mouvement de mon corps. Je dirai l'importance de l'écoute dans ma formation dans la première partie de cette réflexion écrite ; force est de constater que c'est toujours au travers d'elle que j'évolue. Néanmoins, je ne pouvais parcourir mon processus de formation passée et actuelle sans horizon. Or, c'est le mouvement, turbulent ou léger qui m'inscrit dans une temporalité qui rappelle la spirale en recherche-action**. Pour moi, le mouvement renvoie à la vie, au processus de la vie qui m'habite (avec aussi la mort et des blessures psychologiques) et à l'identité que je me crée qui n'est pas stable et ne sera sans doute jamais stabilisée [...]"
* Boris Cyrulnik, Edgar Morin, Dialogue sur la nature humaine, Ed. de l'Aube, 2000
** René Barbier, La recherche-action, Ed. Economica, 1996
Les rencontres sont imprévisibles comme des chemins de campagne. Elles sont souvent plusieurs, multiples et multiformes tout comme les chemins ne sont jamais exempts de cailloux, multicolores couches géologiques et encore de signes du monde vivant sous terre. le rencontre surgit et et ne se laisse pas facilement cerner et analyser : elle aime sa liberté et n'est pas toujours tendre. Depuis de nombreuses années, elle est pour moi papier japonais, transparente et filigranée. Je ne sais où elle me porte mais c'est cette rencontre qui me forme et me construit. Dans la trame de ma réflexion au cours de la formation DUFA, j'ai eu quelques difficultés à mettre à jour l'importance qu'elle revêt pour moi. Je me demandai donc ce qui m'animait dans un processus d'apprentissage et quel sens je donnais au mot formation.
Tout au long des modules du DUFA, je me suis d'abord interrogée de façon rationnelle, en me concentrant sur les dires et les expériences des formateurs qui nous en présentaient les différents aspects et aussi sur les remarques et réflexions de mes pairs qui, comme moi, suivaient cette formation. Puis, à court de pistes, je me suis laissée aller à une approche plus intuitive au travers d'exercices de type rogérien lors d'entretiens en approche centrée sur la personne que j'effectuais avec un de mes pairs après les vacances de fin d'année.
J'avais bien, deux mois après le début de ma formation, quelques mots clés pour construire cet écrit : le corps, l'espace, être auteur, les différences, le groupe, l'expression des sensibilités, le changement,etc. Je me laissais happer par l'attrait de ces îlots approchés puis je compris que, tout au long de ce voyage dans le paysage de la formation, il y avait, sous-jacente, l'écoute fédératrice. Comme * l'a exprimé cette année lors du module du psychodrame, "il n'y a pas de formation sans liens". Pour ma part, le lien était l'écoute. celle-ci renvoie au monde sensible : soi, le monde, sa place dans ce monde et me renvoie aussi à moi en tant qu'être humain dans ce monde (cf. Boris Cyrulnik*). J'ai pour ma part, passé mon enfance à la campagne, attentive au monde vivant alentour et allais danser quelques dix heures par semaine dans un studio face à la mer, au son clair du piano et à l'écoute du mouvement de mon corps. Je dirai l'importance de l'écoute dans ma formation dans la première partie de cette réflexion écrite ; force est de constater que c'est toujours au travers d'elle que j'évolue. Néanmoins, je ne pouvais parcourir mon processus de formation passée et actuelle sans horizon. Or, c'est le mouvement, turbulent ou léger qui m'inscrit dans une temporalité qui rappelle la spirale en recherche-action**. Pour moi, le mouvement renvoie à la vie, au processus de la vie qui m'habite (avec aussi la mort et des blessures psychologiques) et à l'identité que je me crée qui n'est pas stable et ne sera sans doute jamais stabilisée [...]"
* Boris Cyrulnik, Edgar Morin, Dialogue sur la nature humaine, Ed. de l'Aube, 2000
** René Barbier, La recherche-action, Ed. Economica, 1996
La conclusion.
"La rencontre m'a paru au cours de ce récit dans toute son homogénéité : elle est celle de personnes, de savoirs, de concepts, de pensées, de langues, d'imaginaires, de processus de vie, de corps, d'espaces, de rythmes. Par ma part, elle est la lecture du mouvement qui m'emporte dans une dynamique d'apprentissage. Je suis d'ailleurs surprise par la forme que ce mémoire a pris et que je ne peux pour autant clairement identifier. Je n'avais pas de plan précis si ce n'est les trois axes suggérés : mon rapport à la formation, la critique de la formation DUFA et le contenu de mon stage. C'est dans ce cadre que de snuances d ela rncontre se sont exprimées, au fil d emes lectures qui furent presque toutes un effet du hasard. D'ailleurs, je remercie tous ceux que j'ai peu volés.
Etablir une typologie de la rencontre m'a paru restrictif et j'ai préféré interroger son caractère mystérieux et imprévisible. Au travers des prépositions contre, dans, entre et avec si finement approchées par François Laplantine et Alexis Nouss dans leur ouvrage Métissages, j'ai eu l'étrange sensation que la rencontre est sans limites, si je considère qu'autrui n'est pas une limite. Pour moi, elle est comme la démarche de formation décrite par Franck Levallois, "d'abord un grand oui à la vie qui donne forme. C'est simultanément un acte de résistance."*** La rencontre explose le sens et, selon moi, ouvre l'horizon en de multiples directions. Cette dynamique ne m'emmène pas à affronter autrui mais plutôt à rendre sa place à l'humain et au désir d'apprendre, à la liberté de chacun dans une situation de formation aussi. La responsabilité de formateur serait alors de ne pas oublier que la relation pédagogique est tout une relation à autrui."
* Gilles Deleuze, Dialogue
**Franck Levallois, Formation, déformation : les miroirs du développement personnel, L'harmattan, 2000
Rencontrer c'est trouver, c'est capturer, c'est voler, mais il n'y a pas de méthode pour trouver, rien qu'une longue préparation.*Cette préparation dont Gilles Deleuze parle est toujours en chemin. Pour moi, la rencontre est plaisir et douleur, elle est ouverture au dehors, aux étincelles, au sombre, à l'incertitude aussi. René Char écrit qu'"il faut être l'homme de la pluie et l'enfant du beau temps"**, ce pourrait être là encore une des manières de définir la rencontre.
Etablir une typologie de la rencontre m'a paru restrictif et j'ai préféré interroger son caractère mystérieux et imprévisible. Au travers des prépositions contre, dans, entre et avec si finement approchées par François Laplantine et Alexis Nouss dans leur ouvrage Métissages, j'ai eu l'étrange sensation que la rencontre est sans limites, si je considère qu'autrui n'est pas une limite. Pour moi, elle est comme la démarche de formation décrite par Franck Levallois, "d'abord un grand oui à la vie qui donne forme. C'est simultanément un acte de résistance."*** La rencontre explose le sens et, selon moi, ouvre l'horizon en de multiples directions. Cette dynamique ne m'emmène pas à affronter autrui mais plutôt à rendre sa place à l'humain et au désir d'apprendre, à la liberté de chacun dans une situation de formation aussi. La responsabilité de formateur serait alors de ne pas oublier que la relation pédagogique est tout une relation à autrui."
* Gilles Deleuze, Dialogue
**Franck Levallois, Formation, déformation : les miroirs du développement personnel, L'harmattan, 2000
L'apprentissage dans les rencontres.
"Rencontrer, c'est trouver, c'est capturer, c'est voler, mais il n'y a pas de méthode pour trouver, rien qu'une longue préparation." C'est Gilles Deleuze qui s'exprime ainsi dans Dialogue.L'apprentissage n'est pas une idée abstraite mais s'ancre bien dans des pratiques qui mettent en oeuvre des rencontres. Ce phénomène façonne les apprentissages d'un enfant mais également ceux faits tout au long de la vie, quelle soit personnelle, familiale, sociétale ou professionnelle avec le développement des espaces de co-working par exemple ou les communautés.
Regards d'apprentissage voudrait donc s'interroger sur cet espace d'apprentissage qu'est la rencontre. La rencontre est ici entendue dans un sens très large et ne se limite pas aux rencontres entre personnes mais s'inscrit dans la relation que j'entretiens avec ce qui m'entoure : espaces, rythmes, personnes, savoirs, pensées, cultures, langues ou imaginaires.
Dans un premier temps, je proposerai une partie du récit de formation que j'ai écrit lors d'un DUFA, Diplôme Universitaire pour Adultes (Dufa.). Pour une lecture aisée, la forme académique n'est pas toujours respectée concernant les références et les noms des formateurs ou de l'université ont été supprimés. Également, les noms des personnes et les lieux ont été remplacés par un *).
Cet exercice est instructif puisqu'il permet d'apprendre à dérouler un système de pensée, de fonctionnement et rend compte de l'importance d'un système de valeurs qui s'insère dans n'importe quelle action de mise en projet collaboratif. S'intercaleront donc également d'autres courts extraits plus centrés sur des réflexions moins personnelles et très concrètes.
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